Pixel Nano Resto
- Florence Jacquemin
- 18 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Dans notre beau village de Sutton, on est gâtés côté restauration, nous avons accès à plus d’une douzaine de restaurants et cafés au coeur du village, c’est une des joies de vivre dans un lieu de villégiature! Le Pixel s’est installé, en 2024, dans un tout petit local qui accueillait auparavant un traiteur. Après avoir transformé l’espace pour y installer un peu plus d’une vingtaine de convives, d’abord pour le brunch et les cafés, ils ont étendu leur offre du jeudi au samedi pour qu’on puisse profiter d’un menu du soir créatif. Une belle sélection de vins choisie par Catherine Morin, une des deux copropriétaires, anciennement au Pullman, accompagne joyeusement le menu. Le décor dans les teintes de vert et de noir est simple, quelques cadres à l’effigie du logo du resto ornent les murs et une grande tablette où sont disposées quelques plantes vertes habille le mur au dessus de la grande banquette de cuir.

Officiant en salle du matin au soir à tous les jours d’ouverture – du moins elle y était à toutes les fois où nous y sommes allés! – Catherine nous accueille dans son resto et on sent qu’elle en est fière. On s’installe à côté d’un groupe de 10 personnes qui remplissent la place et occupent beaucoup l’équipe de service. Malgré tout, on sent que celle-ci s’applique à ce que leur présence ne gâche pas notre expérience. Ce qui est plus problématique est peut-être la température du local, malgré le groupe on a toujours envie de garder notre écharpe, espérons que les plats sauront nous réchauffer! Le vin de Josetta Saffirio que l’on choisit sous les conseils de Catherine est une superbe découverte et commence très bien notre soirée!

Pour débuter, on choisit les beignets d’aubergine, ils sont servis sur une caponata ensoleillée et une purée de chou-fleur soyeuse. Plat superbement équilibré, les beignets d’aubergines sont salés et moelleux, la panure aurait gagné à être plus croustillante mais les câpres frits dispersés sur la caponata nous offrent le craquant qu’il manquait. La caponata alliant les aubergines, les tomates, les oignons, les poivrons et les câpres y est bien vinaigrée, je n’y retrouve pas les olives vertes de la recette sicilienne traditionnelle mais cette omission n’est pas dérangeante, le goût salé des aubergines et le parmesan râpé contrebalance magnifiquement les saveurs. La purée de chou-fleur complètement lisse agit comme une crème qui lie le plat en beauté.

Arrive ensuite la salade d’endives, poires et fenouil. Les éléments sont tranchés finement en allumettes, le fenouil se fait rare mais y est ajouté du radicchio et du radis melon d’eau qui illuminent l’assiette. Malheureusement, la salade semble avoir mariné un peu trop longtemps dans sa vinaigrette et même le radis ne parvient pas à nous faire oublier le petit côté mollasson. La vinaigrette est somme toute délicieuse. Le labneh aurait été intéressant si la salade avait été bien croquante et aurait agréablement complémenté les textures, ici, il nous laisse un peu perplexes. Même le cresson posé sur le dessus a l’air triste et flétri.
Pour poursuivre Catherine nous a recommandé le nouveau chouchou du menu, le confit de canard effiloché, servi avec un prisme de polenta frite, des champignons pleurotes et une sauce Mornay à la truffe. Des saveurs qui se marient effectivement toutes très bien ensemble mais qui, ici, manquent de «oumph». La polenta très fine et panée est posée sur un disque de champignon en duxelles mélangé au canard effiloché finement. Sur le dessus, de beaux pleurotes poêlés et quelques plus gros morceaux de confit de canard, c’est un peu redondant… La polenta aurait mérité une sauce bien relevée tel un jus de viande épicé plutôt qu’une Mornay assez lourde qui ajoute une autre couche de moelleux. Comme disait mon grand-père, ça tombe dans le ventre!

Pour terminer, nous avons opté pour la ballotine de pintade parmigiana. Normalement, une ballotine est une cuisse de volaille farcie, ici l’on nous sert plutôt une poitrine de pintade roulée sur elle-même puis panée sans que celle-ci ne soit farcie. La panure dorée est bien croquante et goûteuse, mais la pintade est une volaille fragile qui s’assèche rapidement, pour réussir une cuisson jusqu’en son centre ainsi enroulée sans farce, il faut la cuire un peu plus longtemps et il en résulte une viande un peu sèche. Heureusement le coulis de tomates qui couvre le fond de l’assiette est généreux et la viande est un parfait support pour le déguster. Les oignons cipollini sont sucrés et parfaitement cuits, tout comme le brocolini qui est croquant et complémente bien la pintade. Somme toute, ce plat se mange tout seul et mérite amplement sa place sur le menu.
Je reviendrai pour un brunch prochainement car je pense que la cuisine brille plus durant le jour et en vaut vraiment le détour. Peut-être avons-nous aussi été malchanceux avec le groupe qui a mis la cuisine en état d’alerte cette soirée-là, mes autres visites avaient toutes été au-dessus de mes attentes. Au final, nous avons passé une fort belle soirée et les erreurs relevées sont facilement rattrapables.
Adresse : 22 Rue Principale N #1, Sutton, QC J0E 2K0




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